E-commerce en France : le marché accélère au T2 2026

28 septembre 2026
ecommerce t2 2026

52,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires et une croissance de 8,5 % sur un an. Après un début d’année plus modéré, la Fevad observer une nette accélération du e-commerce français au deuxième trimestre 2026. Une performance qui porte la croissance du marché à 6,6 % sur l’ensemble du premier semestre.

Mais derrière ce rebond, le trimestre raconte une histoire plus nuancée. Le mois de juin a largement tiré l’activité vers le haut, porté par les promotions et les fortes chaleurs. Dans le même temps, le panier moyen continue de se contracter et repasse sous les 60 euros.

 

52,2 milliards d’euros de ventes au deuxième trimestre

Bilan e-commerce francais 2025-secteurs

Le e-commerce français retrouve un rythme soutenu au printemps. Entre avril et juin 2026, les Français ont dépensé 52,2 milliards d’euros en ligne, contre 48,1 milliards un an plus tôt. Le contraste avec le début d’année est marqué. Au premier trimestre, le marché avait progressé de 4,7 %. Sur les six premiers mois de l’année, la croissance atteint ainsi 6,6 %, dans une dynamique proche de celle observée en 2025 (+7,1 %).

Cette progression ne repose toutefois pas uniquement sur une hausse des dépenses par commande. Les chiffres du deuxième trimestre montrent au contraire que les consommateurs multiplient les achats en ligne, tout en restant attentifs au montant dépensé.

Promotions et canicule dopent les ventes en juin

Le mois de juin a particulièrement contribué à la performance du trimestre. Dans l’iCE 100, qui regroupe plus de 100 grands sites marchands (hors Shein et Temu) les ventes de produits au particulier ont bondi de 12,2 % en juin

Cette forte hausse s’explique notamment par les fortes températures, qui ont stimulé les achats de produits destinés à rafraîchir les logements, comme les équipements de climatisation. Dans ce contexte, le commerce en ligne a également bénéficié de sa capacité à permettre aux consommateurs de s’équiper rapidement sans multiplier les déplacements.

La dynamique ne s’est toutefois pas limitée aux produits directement liés à la météo. Sur l’ensemble du deuxième trimestre, plusieurs catégories enregistrent des progressions solides : +16,2 % pour le sport, +12,2 % pour le textile de maison, +8,5 % pour la tech-électroménager et +7,4 % pour la beauté.

Un ensemble de performances qui montre que le calendrier commercial a lui aussi joué un rôle dans l’accélération du marché.

Le retour à la normale se confirme dès juillet

L’effet juin semble cependant difficile à prolonger au même niveau. En juillet, les ventes de produits du panel iCE 100 progressent de 4,8 % sur un an. Sur les sept premiers mois de 2026, la hausse atteint ainsi 6,8 %, revenant sur un rythme plus proche de celui observé précédemment.

Le deuxième trimestre apparaît donc moins comme un changement radical de tendance que comme une accélération ponctuelle dans un marché qui continue de progresser. Cette situation rappelle aussi que les performances du e-commerce restent étroitement liées au contexte commercial. Promotions, saisonnalité, météo et pouvoir d’achat peuvent rapidement modifier le rythme des ventes d’un mois à l’autre.

Pour les enseignes, l’enjeu consiste dès lors à ne pas seulement profiter des pics de demande, mais à transformer ces périodes de forte activité en croissance plus durable.

 

 

Les enseignes physiques accélèrent aussi en ligne

 

e-commerce physique

Le e-commerce devient un véritable relais de croissance

Autre enseignement du trimestre : le numérique confirme son rôle de relais de croissance pour les enseignes issues du commerce physique. Dans plusieurs secteurs, leurs ventes en ligne progressent plus rapidement que leur marché.

Le phénomène est particulièrement visible dans les produits techniques et l’électroménager : en juin, la croissance des ventes en ligne réalisées par les enseignes issues du commerce physique était plus de 50 % supérieure à celle de leur marché.

Online et magasin s’intègrent dans un même parcours

Cette évolution illustre une transformation désormais bien installée du retail. Le site e-commerce n’est plus simplement un canal supplémentaire destiné à vendre lorsque le consommateur n’est pas en magasin. Il intervient à de nombreuses étapes du parcours : recherche d’un produit, comparaison des prix, consultation des stocks, commande, livraison ou retrait en point de vente.

Le digital permet également aux enseignes d’élargir leur zone de chalandise et de maintenir le contact avec leurs clients entre deux visites en magasin.

La frontière entre commerce physique et e-commerce devient donc de moins en moins pertinente. Pour les retailers, la question n’est plus seulement de faire progresser les ventes en ligne, mais de connecter efficacement les différents points de contact pour accompagner le consommateur tout au long de son parcours.

 

 

Plus de transactions, mais des paniers moins élevés

 

ecommerce panier moyen

 

Le principal signal de vigilance se trouve peut-être du côté du panier moyen.

Au deuxième trimestre, le nombre de transactions progresse de 13,5 %, tandis que le panier moyen recule de 4,3 %, à 59,7 euros. Il repasse ainsi sous la barre symbolique des 60 euros.

Autrement dit, le marché grandit davantage grâce à la fréquence des achats qu’à leur valeur.

Cette évolution illustre la prudence persistante des consommateurs. Dans un contexte où le pouvoir d’achat reste au cœur des arbitrages, les internautes disposent avec le e-commerce d’outils particulièrement efficaces pour comparer les prix, rechercher des promotions et ajuster leurs dépenses. Le prix conserve ainsi un rôle central dans la dynamique du marché.

Pour les marchands, la croissance ne repose plus uniquement sur la capacité à générer du trafic : conversion, fréquence d’achat, promotions et fidélisation deviennent tout aussi déterminantes.

Le bilan du premier semestre reste donc positif, mais il doit être lu avec nuance.

Le e-commerce progresse toujours, mais la bataille se joue désormais autant sur le volume et la fréquence des achats que sur la capacité des enseignes à proposer le bon prix et à relier efficacement leurs parcours online et offline.

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