Entre avril et juin 2026, le trafic généré par les agents d’intelligence artificielle a bondi de 45 %, passant de 12,2 à 17,7 milliards de requêtes selon le dernier baromètre de DataDome.
Une accélération spectaculaire qui confirme une bascule majeure : les IA ne se contentent plus d’analyser le web, elles commencent à y agir.
Pour les e-commerçants, l’enjeu devient stratégique. Ces agents pourraient bientôt devenir des intermédiaires incontournables entre les consommateurs et les marques, capables de rechercher un produit, comparer des offres, sélectionner des marchands… voire déclencher directement certaines actions d’achat.
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ToggleLes agents IA deviennent de nouveaux acteurs du trafic web

17,7 milliards de requêtes en trois mois : l’explosion continue
Le phénomène prend de l’ampleur : en un trimestre seulement, le volume de requêtes générées par les agents IA suivis par DataDome a progressé de 45 %.
Cette croissance ne correspond plus uniquement à des opérations de collecte de données.
Les agents évoluent vers des usages beaucoup plus avancés : interrogation de catalogues, récupération d’informations produits, interaction avec des services externes ou exécution de tâches automatisées.
Pour les sites e-commerce, cette nouvelle audience représente un changement de paradigme. Demain, une partie de la découverte produit pourrait ne plus commencer par une recherche classique sur Google, mais directement par une demande formulée à un assistant IA.
Meta accélère et redistribue les cartes

Alors que les projecteurs restent principalement braqués sur OpenAI ou Anthropic, un autre acteur s’impose discrètement dans les statistiques de trafic IA : Meta.
Son agent Meta-ExternalAgent affiche une progression de 74 % en un trimestre, tandis que Meta-WebIndexer bondit de 163 %. À eux deux, ces agents représentent désormais davantage de requêtes que l’ensemble des autres bots IA observés sur le réseau DataDome.
Cette montée en puissance illustre une réalité : la bataille des agents IA ne se joue plus uniquement sur les interfaces conversationnelles. Les grandes plateformes construisent également leurs propres infrastructures capables d’explorer, comprendre et exploiter le web.
Les IA : de nouveaux intermédiaires entre marques et consommateurs

Moins de crawl, mais davantage de trafic qualifié
Le cas de ChatGPT illustre parfaitement cette évolution.
Le volume de requêtes attribuées à ChatGPT-User a reculé de 6 % au deuxième trimestre. Pourtant, dans le même temps, ChatGPT représente désormais 80 à 88 % des redirections générées par les outils IA vers des sites web, avec une progression de 17 % en trois mois.
Le signal est fort : les IA ne cherchent pas seulement à absorber toujours plus de contenu. Elles commencent à jouer un rôle de prescripteur.
Pour les marchands, la question n’est donc plus uniquement de savoir si leurs pages sont explorées par les robots IA. L’enjeu est de savoir si leurs produits seront suffisamment compris et pertinents pour être recommandés dans une réponse générée.
Cette évolution rapproche progressivement les assistants IA des moteurs de recherche traditionnels : apparaître dans une réponse devient un nouveau levier de visibilité commerciale.
Les catalogues produits deviennent un enjeu stratégique
Dans ce nouvel environnement, les e-commerçants devront adapter leur manière de penser leur présence en ligne. Les informations produits, les attributs techniques, les disponibilités, les avis clients ou encore la structuration des catalogues deviennent autant de signaux permettant aux IA d’évaluer la pertinence d’une offre.
La visibilité en ligne ne dépendra alors plus seulement du positionnement d’une page dans Google, mais également de la capacité d’un catalogue à être interprété par des systèmes automatisés.
Vers un e-commerce piloté par des agents IA ?

Le protocole MCP accélère l’arrivée des agents connectés
Autre indicateur de cette transformation : la progression du Model Context Protocol (MCP), un standard permettant aux agents IA de se connecter à des outils et services externes.
DataDome observe désormais des pics proches de 500 000 requêtes quotidiennes liées à ces architectures.
L’objectif : permettre à plusieurs agents ou services IA de collaborer pour accomplir des tâches complexes. Un agent peut récupérer une information, un autre analyser une offre, un autre encore déclencher une action.
Cette logique ouvre la voie à un commerce où l’utilisateur ne naviguera plus nécessairement entre plusieurs sites. Il pourra déléguer une partie de ses recherches et de ses décisions à des assistants capables d’agir à sa place.
Une nouvelle bataille pour la visibilité commence
L’explosion du trafic des agents IA confirme une tendance déjà engagée : les marques doivent désormais penser leur visibilité au-delà des moteurs de recherche classiques.
Comme le SEO a longtemps imposé de comprendre les algorithmes de Google, l’e-commerce de demain nécessitera de comprendre les mécanismes de recommandation des intelligences artificielles.
Pour les e-commerçants, le défi sera double : être accessible techniquement aux agents IA, mais surtout devenir suffisamment pertinent pour être choisi parmi des milliers d’alternatives.
Car dans un monde où les consommateurs délèguent progressivement leurs recherches aux assistants intelligents, la prochaine bataille du e-commerce pourrait bien se jouer non plus seulement sur les pages de résultats… mais également dans les réponses générées par les IA.
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