Bilan du e-commerce français de la Fevad : 196 milliards d’euros dépensés en 2025

11 février 2026
bilan e-commerce français 2025

Ce 11 février 2026, la FEVAD a dévoilé lors de sa conférence de presse annuelle son bilan du e-commerce français pour l’année 2025.

Avec 196,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, le e-commerce confirme une nouvelle fois son statut de pilier structurel de la consommation en France. Plus qu’un simple canal complémentaire, il s’impose comme un réflexe d’achat durablement ancré dans les usages des consommateurs.

 

196,4 milliards d’euros en 2025 : une croissance tirée par les usages

Bilan e-commerce français 2025 usages

En 2025, les ventes en ligne (produits et services confondus) ont progressé de 7 % sur un an. Si le rythme de croissance est inférieur à celui de 2024 (+9,6 %), la dynamique reste solide.

Le bilan de la Fevad relève les points clés suivants :

  • Les services poursuivent leur croissance avec +9 %, pour atteindre 120,3 milliards d’euros.
  • Les ventes de produits progressent de 4 % avec 76,1 milliards d’euros, confirmant la reprise amorcée sur les segments non-alimentaires.

Le moteur principal de cette croissance n’est pas le panier moyen, mais la fréquence d’achat.

En 2025, 3,2 milliards de transactions ont été enregistrées, soit une hausse de 10 % en un an (contre 2,9 milliards en 2024). À l’inverse, le panier moyen recule de 3 % pour s’établir à 62 euros. Ce recul concerne à la fois les produits (-4 %) et les services (-3 %), reflet d’arbitrages budgétaires plus serrés et d’une recherche accrue de petits prix.

Autrement dit, les Français achètent plus souvent en ligne… mais en maîtrisant davantage leurs dépenses. Sur l’ensemble de l’année, le e-commerce représente désormais 12 % du commerce de détail pour les produits, confirmant son ancrage dans les habitudes de consommation.

 

 

 

Panel iCE100 : les secteurs les plus dynamiques du e-commerce français

Bilan e-commerce francais 2025-secteurs

 

Les données du panel iCE100, qui regroupe une centaine de sites leaders du marché, confirment cette dynamique positive.

Les ventes aux consommateurs progressent ainsi de +5,6 %, dans un contexte où le commerce de détail physique reste plus fragile.

Les secteurs les plus dynamiques du e-commerce français en 2025 sont les suivants :

– Électronique et électroménager : +5,2 %

– Sport : +5,1 %

– Meuble et décoration : +3 %

– Textile maison : +2,9 %

– Produits de grande consommation : +2,7 %

– Beauté : +2 %

L’habillement et les chaussures enregistrent en revanche un léger recul (-0,5 %), davantage exposés aux arbitrages budgétaires.

Côté services, les sites de voyage-loisirs progressent de 10 % sur l’année, poussés par le transport.

À l’inverse, les ventes aux professionnels (B2B) du panel affichent une stabilité, dans un contexte de manque de visibilité économique. Le dernier trimestre 2025 a été particulièrement porteur, avec une progression généralisée des catégories de produits.

 

 

IA et e-commerce : un cyberacheteur sur trois a déjà franchi le pas

 

ia et e-commerce français

 

Au-delà des performances économiques, la FEVAD a également présenté une étude réalisée par ODOXA sur l’usage de l’intelligence artificielle dans les parcours d’achat. Premier enseignement : 31 % des cyberacheteurs utilisent déjà l’IA générative lorsqu’ils achètent en ligne.

Cette adoption est particulièrement marquée chez les jeunes générations. Elle s’élève à 49 % des 15–24 ans et à 46 % des 25–34 ans. L’étude relève également son utilisation chez les cadres (44 %) et chez les habitants d’Île-de-France (40 %).

L’usage progresse rapidement : 54 % des utilisateurs affirment en effet y recourir de plus en plus fréquemment.

 

L’IA surtout utilisée en amont de la décision d’achat

L’IA intervient principalement dans la phase de préparation à l’achat. 58 % des cyberacheteurs l’utilisent pour gagner du temps, comparer des produits, obtenir des informations jugées plus synthétiques ou effectuer une première sélection. L’outil joue donc un rôle d’assistant, voire de filtre, dans un environnement d’offre devenu particulièrement dense.

Son usage est encore plus limité au moment du paiement (27 %) et après l’achat (35 %). Cette prudence traduit une frontière encore sensible entre recommandation et délégation d’acte.

Le recours à l’IA varie également selon les catégories de produits. Les biens techniques et l’électroménager concentrent 29 % des recherches via IA, bien qu’ils ne figurent qu’au 7ᵉ rang des catégories les plus achetées en ligne. À l’inverse la mode, pourtant en tête des ventes, mobilise moins l’IA (21 %).

Côté services, les séjours et les billets de transports suscitent en revanche un fort recours à l’IA (respectivement 23% et 18%). Cet usage s’explique notamment par le fait que ces catégories nécessitent comparaison et arbitrage.

 

Confiance et freins : le paiement reste le point sensible

Le recours à l’IA varie selon l’étape du parcours. 47% des cyberacheteurs déclarent lui faire confiance avant l’achat, 43 % après celui-ci. Cette confiance chute en revanche à 30 % au moment du paiement. Cette étape demeure en effet le principal point de friction du commerce agentique.

Les réticences exprimées portent d’abord sur la neutralité commerciale de l’IA (57 %) et sur la confidentialité des données (51 %). Au moment de payer, la volonté de garder le contrôle (57 %) et les inquiétudes liées à la sécurité des transactions (46 %) prennent le dessus.

Ces réserves restent toutefois à nuancer. Les utilisateurs réguliers d’IA, qui sont désormais 25 % de la population, contre seulement 6 % en 2023, affichent des niveaux d’appropriation très supérieurs. 73 % d’entre eux utilisent en effet déjà l’IA dans leur parcours d’achat et 66 % lui font confiance. Chez ces profils, la délégation partielle, voire totale, de certaines étapes devient progressivement acceptable.

Enfin, le montant de l’achat constitue un facteur décisif : le commerce « agentique » est plus facilement accepté pour des montants inférieurs à 50 €. Plus le montant augmente, plus la volonté de garder la main reprend le dessus.

 

Le bilan 2025 confirme une double réalité. D’un côté, le e-commerce français atteint un niveau de maturité élevé, proche des 200 milliards d’euros, porté par une fréquence d’achat en hausse et un ancrage durable dans les usages.

De l’autre, les comportements évoluent rapidement. L’intégration progressive de l’IA dans les parcours d’achat amorce une transformation plus profonde. Demain, la relation ne se jouera plus seulement entre la marque et le consommateur… mais aussi entre la marque et l’agent conversationnel qui oriente la décision. Pour les e-commerçants, 2026 s’ouvre ainsi sur un double défi : consolider la performance dans un contexte d’arbitrage budgétaire, tout en anticipant les nouvelles règles du commerce agentique.

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